Abbé Pierre life and biography

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Abbé Pierre biography

Date of birth : 1912-08-05
Date of death : 2007-01-22
Birthplace : Lyon, France
Nationality : Française
Category : Famous Figures
Last modified : 2010-08-16
Credited as : Prêtre catholique, résistant puis député, fondateur du Mouvement Emmaüs

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Henri Grouès, dit labbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris, était un prêtre catholique français, résistant puis député, fondateur du Mouvement Emmaüs (organisation laïque de lutte contre l'exclusion), dont fait partie notamment la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés.

Né au début du siècle, l’abbé Pierre a consacré sa vie et son énergie à lutter contre la misère. Fondateur des Compagnons d’Emmaüs, il est le symbole du don et de la charité, et reste à jamais gravé dans le cœur des Français.
Henri Grouès est né au sein d’une famille aisée dont la ferveur catholique ne pouvait que le pousser sur la voie religieuse. Il grandit ainsi, entouré de ses sept frères et sœurs, jusqu’au jour où il se rend à Assise, en Italie. Alors âgé de 15 ans, le voyage apparaît comme une véritable révélation pour lui.

Persuadé de sa vocation religieuse, il étudie auprès des jésuites, puis rejoint les Capucins en 1931, juste après avoir renoncé à son héritage. Henri Grouès est ordonné prêtre en 1938 puis, alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, il est nommé vicaire à la cathédrale de Grenoble.

À partir de 1942, Henri Grouès, toujours attentif à la misère, prend une part active à la résistance. Au lendemain de la rafle du Vel’d’Hiv, il s’efforce d’apporter son aide aux juifs rescapés. Son rôle consiste alors à les faire passer, eux et les résistants, à l’étranger. Avec courage et sans douter, il participe à la création de maquis, notamment dans le Vercors et permet à nombre de jeunes individus d’échapper au STO (Service du travail obligatoire).

Agissant dans la clandestinité, Henri Grouès est contraint de prendre de multiples identités, parmi lesquelles celle de l’abbé Pierre, qu’il conservera le reste de sa vie. Mais la Gestapo le poursuit, le contraignant à fuir la France. Il se rend d’abord en Espagne avant de rejoindre Alger, où il rencontre le général De Gaulle en 1943.

L’année suivante, il retrouve le territoire français et devient aumônier dans la Marine. Considéré comme l’un des grands représentants de la Résistance, on le pousse à entrer en politique. Ainsi, de 1945 à 1951, il est député de Meurthe-et-Moselle, dans le camp du MRP (Mouvement républicain populaire), puis dans celui de la Gauche indépendante.

Après avoir risqué sa vie durant la guerre, l’abbé Pierre entreprend un nouveau combat, cette fois-ci contre la misère. En fondant le mouvement Emmaüs en 1949, il veut venir en aide aux sans-abri et aux plus démunis. En 1951, libéré des contraintes de la vie politique, qui ne semble d’ailleurs pas l’avoir satisfait, il peut consacrer toute son énergie aux compagnons d’Emmaüs. L’objectif du mouvement consiste alors à récupérer divers objets dans le but de les revendre. Les bénéfices permettent de construire des logements provisoires.

Ce n’est toutefois qu’en 1954 que le mouvement prend une ampleur considérable. Au cours de l’hiver – particulièrement glacial cette année-là – une femme meurt dans la rue. Scandalisé, l’abbé Pierre lance aussitôt un appel médiatique qui va susciter un immense élan de générosité parmi les Français. Après l’événement, une loi interdira aux propriétaires d’expulser les locataires non solvables en hiver et de nombreux logements seront construits. Quant à l’association Emmaüs, elle ne cessera de se développer.

Désormais, l’abbé Pierre est profondément ancré dans le cœur des Français. Tantôt dans l’ombre, tantôt sous les projecteurs, il alimente sans cesse sa popularité et vit lui-même dans un confort très limité. Il voyage beaucoup, notamment pour Emmaüs, et rencontre plusieurs grandes personnalités, telles qu’Eisenhower, Mohammed V ou encore Nehru. En France, étant donné sa notoriété, nombreux sont les hommes politiques qui redoutent son franc-parler et son courage.

En 1980, l’abbé Pierre obtient le titre d’Officier de la Légion d’honneur, en matière de droit de l’homme. À partir de l’hiver 1984, il reprend de plus belle la lutte contre la misère. Malgré sa santé fragile, il est de tous les combats contre la faim et le froid, agissant pour la sauvegarde ou le rétablissement de la dignité humaine. En 1987, cette détermination lui vaut d’être fait Commandant de la Légion d’honneur pour ses actions en faveur du logement.

En plus de ses nombreuses actions (jeûne pour les "déboutés du droit d’asile" en 1991, défense des harkis, rencontre du Dalaï Lama), l’abbé Pierre prend le temps de se retirer pour écrire (Testament, 1994 ; Mémoire d’un croyant, 1997). En 1996, apportant toujours son opinion dans les domaines politique et culturel, il soutient le livre à tendance négationniste de son ami Roger Garaudy. La foudre des médias et de l’autorité ecclésiastique s’abat aussitôt sur lui. Il est même exclu de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme).

Cet épisode malheureux, qu’il vit avec un certain sentiment d’injustice, est toutefois vite oublié. En février 2004, une voix familière s’élève de la place du Trocadéro, à Paris, pour appeler à la solidarité. Cinquante ans après son premier appel, l’abbé Pierre, malgré la vieillesse et la fatigue, est toujours là pour défendre les millions de démunis. Six mille personnes assistent à son discours. Quelques mois plus tard, Jacques Chirac lui remet le plus haut insigne de la Légion d’honneur, celui de Grand Croix de l’Ordre de la Légion d’honneur.

À 94 ans, l’abbé Pierre s’éteint à Paris, des suites d’une infection pulmonaire. Il laisse dans son sillage une vie de combats sans répit contre la pauvreté et l’injustice. Prêtre, résistant, homme politique et chiffonnier, il reste à jamais le symbole de la solidarité et de la générosité.

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